LA MANUFACTURE DES TABACS

 

En 1871, la perte d'Alsace Lorraine contraint de remplacer les manufactures de Metz et de Strasbourg. On choisit le site du Mans, à proximité du port et de la ligne de chemin de fer pour la construction d'un bâtiment. La partie sud de la prairie des Planches en bord de canal est acquise par la ville et offerte gratuitement à l'État pour ce projet. En échange, de nombreux emplois sont créés, essentiellement ceux de cigarières, proposés aux  femmes.

Dès janvier 1877, une manufacture temporaire quai Amiral Lalande accueille d'abord une quinzaine de femmes puis un nombre croissant. Elles sont affectées à la fabrication de cigares. Sept ans plus tard, alors que la réception des travaux dans les grands bâtiments de la Manufacture d'État a lieu, on compte 615 ouvriers dont 567 femmes et 24 préposés.

Les nouveaux ateliers reçoivent les cigarières qui confectionnent les cigarettes et empaquettent le  tabac haché. Au Mans, une ouvrière confectionne manuellement 1000 cigarettes par jour et à partir de l'utilisation des machines jusqu'à 1500 cigarettes à l'heure. La Manufacture du Mans aura mis au point les machines les plus performantes brevetées par des ingénieurs de renom. 

La Crèche en 1927 (Collection M. Esnoult)
La Crèche en 1927 (Collection M. Esnoult)
Le pesage en 1956 (Collection M. Esnoult)
Le pesage en 1956 (Collection M. Esnoult)

 

Voir brochure n°4 : L’âge d’or de l’Industrie à l’Ouest de la ville du Mans  ( article : Une industrie et une pratique architecturale d’Etat et Cigarières de mères en filles par Nelly Heuzé)

Afin d'améliorer le cadre de vie au travail, des sociétés ouvrières de secours mutuels sont créées pour assurer des soins médicaux lors des arrêts ou des accidents de travail. Au Mans, le personnel bénéficie d'avantages sociaux et ce dès 1878 : une caisse de retraite, une caisse de secours, une salle d'asile, une école (en 1896), une bibliothèque et une crèche.

Le site subira plusieurs sinistres comme un incendie en 1917 et un bombardement en 1944. En 1926, l'entreprise est confiée à la SEITA privatisée en 1995. Sa fermeture en tant que usine de production en 1988 entraîne une reconversion en Direction régionale de distribution de tabac du groupe Altadis ( Logista depuis 2013). De nos jours, le bâtiment n'est plus le lieu du travail quotidien que d'une centaine de salariés affectés à la distribution de cigarettes.